atelier tushu est la pratique en atelier de Peter Shoemaker, un artiste, écrivain et chercheur d’origine américaine basé en Normandie rurale.
Le travail
Mon travail porte sur notre effort continu pour rendre le monde lisible, ordonné et significatif, et sur le résidu laissé lorsque ces efforts s’avèrent incomplets.
Travaillant à travers la céramique, la photographie, l’écriture, les archives et les documents construits, je crée des objets et des images qui oscillent entre l’usage et la preuve, le rituel et la bureaucratie, l’histoire et la spéculation. Un bol à thé, un reliquaire, un artefact incertain et un passage de loi ancienne placé dans une ville contemporaine émergent tous du même questionnement : comment la forme porte le sens, comment l’autorité se cristallise autour des choses, et comment les structures héritées façonnent la manière dont nous comprenons le monde.
Des projets tels que Chronoliths, The Tomb of the Wayward Queen, Small Gods, Reliquaries et The Long Surface construisent des systèmes de croyance et d’interprétation, puis permettent ensuite à ces systèmes de se tendre ou de défaillir. Parallèlement, mes céramiques fonctionnelles restent ancrées dans le toucher, la répétition, l’utilité et le rituel silencieux de la vie quotidienne. Faire n’est pas seulement un moyen de produire l’œuvre, mais une façon de la penser.
Mon parcours en archéologie reste présent, moins comme une méthode que comme une question persistante : comment le savoir est construit, comment la mémoire agit sur le présent, ce que nous préservons, ce que nous nommons, ce que nous croyons, et ce qui demeure incertain sous l’ordre que nous imposons.
Biographie

Peter Shoemaker est un artiste, écrivain et chercheur vivant et travaillant en Normandie rurale. Formé comme archéologue de la fin de l’époque romaine et du début du Moyen Âge, il a toujours été attiré par les objets qui survivent aux significations censées les contenir. Près de trois décennies passées à travailler avec des systèmes symboliques — commerciaux, culturels, accidentels — ont poussé cette fascination plus loin. Sa pratique actuelle se déplace entre l’atelier de céramique et de photographie et de vastes para-archives, des mondes imaginés et des systèmes glissants de signes et de sens.
Shoemaker détient une licence en histoire et philosophie et des masters en histoire comparée et en recherche archéologique. Son travail doctoral a examiné les pratiques funéraires du début du Moyen Âge et les relations entre le mobilier funéraire et la signalisation sociale et le statut. Ancien membre de plusieurs conseils d’administration, de sociétés professionnelles, de divers cercles et de confréries mystérieuses, Shoemaker n’est plus affilié aujourd’hui qu’en tant que membre, Collège 3, Institut pour les Savoir-Faire Français (anciennement l’Institut National des Métiers d’Art), et membre de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Normandie.
Compagnons, références et influences récurrentes
J’ai été particulièrement façonné par mon long va-et-vient avec le Paléolithique et le Néolithique et leurs productions incompréhensibles ; la profondeur de Dōgen et l’éveil quotidien du bouddhisme zen ; la calligraphie et la peinture japonaises des époques Muromachi à Edo ; la poésie de la dynastie Tang en Chine, celle plus tardive de Bashō, Ryōkan et Ikkyū au Japon, et plus récemment encore celle de Jim Harrison et Ada Limón aux États-Unis ; les églises pré-cruciformes de l’Angleterre anglo-saxonne ; les excès intérieurs de la Renaissance tardive ; les ombres de Junichirō Tanizaki et du Caravage ; la transcendance de Bach, Mozart, Satie et Chopin (et un peu plus qu’un soupçon de Wagner) ; et les éclats de mots polychromes de Borges.
Il y a aussi Artemis, une chatte née à Tbilissi, que j’essaie vaillamment (bien que sans grand succès) de convaincre que ce n’est pas parce que nous sommes entourés de petites choses qui pépient et couinent qu’elle doit absolument toutes les rapporter dans l’atelier.
