Influences et Approche
Depuis mon atelier normand, je crée des céramiques qui invitent à la fois à l’usage et à la spéculation. Qu’il s’agisse d’un reliquaire, d’un récipient, d’un chawan ou d’un artefact imaginaire, mes formes associent la précision matérielle à un intérêt soutenu pour le silence, l’ambiguïté et le temps profond. Ce qui émerge de ce travail est souvent moins un objet qu’une provocation : une chose qui semble avoir glissé d’une strate incertaine du monde, te demandant de la considérer sans te dire comment.

Tout cela ressemble au résultat sédimenté d’années passées à poursuivre — et à être poursuivi par — une meute d’influences indisciplinées.
D’abord, ceci : il y a des décennies, en tant qu’historien et archéologue du haut Moyen Âge, j’ai écrit une thèse entière sur les vases accessoires d’inhumation. Oui, des pots enterrés avec des morts. J’ai avancé des affirmations audacieuses, certaines réellement étayées par quelque chose qui ressemblait à de la science. Fais-moi savoir si tu souhaites être la quatrième personne au monde à la lire. Donc, les pots et moi, c’est une longue histoire.
Mais — mis à part le contenu et les circonstances des sépultures de la fin de l’époque romaine, anglo-saxonne et carolingienne — j’ai été particulièrement marqué par mes longs allers-retours avec le Paléolithique et le Néolithique et leurs productions incompréhensibles ; la calligraphie et la peinture des périodes Muromachi à Edo au Japon ; la poésie de la dynastie Tang en Chine, puis celle de Bashō, Ryōkan et Ikkyū au Japon, et encore plus tard celle de Jim Harrison et Ada Limón aux États-Unis ; les églises pré-cruciformes de l’Angleterre anglo-saxonne ; les excès intérieurs de la fin de la Renaissance et immédiatement après ; les ombres de Junichirō Tanizaki et du Caravage ; la transcendance de Bach, Mozart, Satie et Chopin (et plus qu’un peu de Wagner) ; les éclats de mots polychromes de Borges ; et une écologie toujours croissante de céramistes, musiciens, architectes, sculpteurs, peintres, poètes et écrivains extraordinairement créatifs qui font du contemporain un lieu de vie si intéressant et stimulant.
Après des années ailleurs, je vis maintenant dans une France très rurale, où je jardine, cuisine et tente vaillamment (quoique largement sans succès) de convaincre ma chatte née à Tbilissi que ce n’est pas parce que nous sommes entourés de petites choses qui pépient et couinent qu’elle doit toutes les ramener à la maison.
Ancien membre de plusieurs conseils d’administration, sociétés professionnelles, diverses cliques et confréries mystérieuses, je ne suis désormais affilié qu’en tant que membre, Collège 3, Institut pour les Savoir-Faire Français (anciennement L’Institut National des Métiers d’Art), et membre, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Normandie, ce qui me semble après tout, absolument suffisant.
